🎶 « À Lyon, à vélo, on dépasse les autos. À vélo dans Lyon, on dépasse les camions ! » 🎶

Mi-septembre, la presse lyonnaise titrait « il faut déjà refaire la piste cyclable du pont de la Mulatière » (Lyon Capital). En effet, les travaux du pont de la Mulatière sont une suite de travaux ratés. Marylène Millet revient sur cette série de travaux qui n’en finissent pas.

Intervention de Marylène Millet

Monsieur le Président, mes chers collègues,

En préambule je rappellerai que notre groupe se félicite que notre Métropole améliore son accessibilité à tous, notamment pour les plus fragiles d’entre nous, les piétons et les personnes à mobilité réduite.

Mais permettez-moi aujourd’hui, Monsieur le Président, d’utiliser cette délibération pour lancer un appel… un appel que je n’oserai pas dénommer « l’appel de la passerelle », car ce nom a été déjà déposé… en 2013 ! Je souhaiterais en effet parler du contexte de l’accessibilité par l’ouest de notre Métropole par les piétons et les cyclistes, via le Pont de la Mulatière.

Une accessibilité qui me donnerait envie de m’inspirer de Joe Dassin pour fredonner : « À Lyon, à vélo, on dépasse les autos. À vélo dans Lyon, on dépasse les camions ! »

Un peu d’histoire donc… en juin 2013 de nombreux élus signaient l’appel de la Passerelle, appel alertant sur le danger que représente la traversée du Pont par les vélos et les cyclistes. Malgré cette dangerosité, de nombreux piétons et environ 2000 cyclistes empruntent chaque jour ce passage. 

En 2013, il fut promis aux associations de cyclistes la construction d‘une passerelle en encorbellement. Après les élections et des études, il fut acté la construction de ladite passerelle pour un montant de 4,4 millions , 2,2 pour la Métropole et le même montant pour la Région. Patatras !! 

Le projet de déclassification de l’autoroute A6/A7, de la Passerelle entraîne l’abandon du projet. Il est alors prévu d’augmenter la taille du passage et de tracer une piste bidirectionnelle de 3 mètres de largeur.

Les associations cyclistes ne sont plus associées au projet, malgré leur expertise d’usage. Fin de l’acte 1 !

La phase des travaux : travaux prévus initialement de nuit, atteint un summum dans l’absence d’implication des usagers : la voie est coupée, aucun itinéraire alternatif prévu, aucune signalisation si ce n’est un panneau d’interdiction… les cyclistes, les piétons se retrouvent sur la voie de sortie de l’autoroute et essaient de se frayer un passage ! Imagine t’on un seul instant fermer un axe routier dans de telles conditions ?

Bref l’acte 2 est tout aussi raté que le précédent, d’autant que le résultat aboutit à une piste de 2.25 de large, rognant encore au passage 40 petits centimètres. Petits pour vous peut-être, mais pour les cyclistes et les piétons cela veut dire beaucoup en termes de sécurité… Bref un aménagement médiocre qui facilite à peine le passage… et ce après plus 6 ans d’attente. 7 ans de combat que l’on peut résumer par deux chiffres :  80 cm de gagnés… et un trafic malgré tout multiplié par 2.

La suppression de ce point noir permettrait assurément une continuité d’accessibilité à notre Métropole d’autant que les travaux Pierre Sémard de la Via Rhôna vont favoriser les déplacements à vélo. 

Un nouveau projet pour être à la hauteur des usages s’impose rapidement. 

Au-delà de la question de la construction d’un aménagement, se pose aussi la question de l’implication des usagers. Le manque de considération et l’absence de coopération avec les associations cyclistes est pour beaucoup dans le raté de cette opération. 

Pour que notre Métropole soit accessible à tous : vélos, piétons et PMR, il est indispensable de prendre le temps de l’écoute et de la co-construction.

Pour une Métropole, accessible en sécurité et respirable, je terminerai en vous citant un extrait du « petit traité de vélosophie » : « le coup de pédale est de même nature que le fameux battement d’aile du papillon : celui, qui par l’enchainement de subtiles causalités, finit par provoquer un tremblement de terre à l’autre bout du monde ».

Je vous remercie.

Marylène Millet


Conseil du 30 septembre 2019

Dossier n°2019-3708 – Plan métropolitain d’accessibilité de la voirie et des espaces publics – Année 2019 

Intervention de Marylène Millet