Délégation de service public de chaleur et froid urbains Centre Métropole

Monsieur le Président,

Les grands objectifs pour une meilleure prise en compte des enjeux énergétiques, climatiques et de qualité de l’air, sont définis par les lois issues du Grenelle de l’Environnement de 2009 et 2010 rédigées à l’initiative de Nicolas  Sarkozy et sous la responsabilité de Jean-Louis Borloo ; puis par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, proposée par Ségolène Royal.

Mais la réussite d’une réelle stratégie en matière de développement durable passe inévitablement par l’implication des territoires. C’est l’addition de multiples actions et initiatives – parfois modestes – engagées sur le plan local et de façon coordonnée qui permettront de relever ce défi.

Dans ce contexte, notre Métropole a pris une certaine avance grâce à la clairvoyance de nos prédécesseurs qui ont créé un réseau de chaleur. Aujourd’hui, vous nous demandez de voter le développement et le verdissement de ce réseau, dans le cadre d’une nouvelle DSP.

DSP dont les procédures passées ont subi bien des déboires. J’en profite pour remercier les services pour la qualité de ce dossier et pour assurer chacun de notre confiance dans le respect des procédures.

La délibération qui nous est donc soumise va pleinement dans le sens de la loi du 17 août 2015, dont l’un des objectifs est de « multiplier par 5 la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée, par les réseaux de chaud et de froid à l’horizon 2030 ».

Vous avez décliné tous les points forts du nouveau projet de réseau :

  • C’est une réponse concrète et une réelle contribution au plan climat de la Métropole avec une baisse de 100 000 T des émissions de CO2.
  • Il est vertueux sur le plan écologique puisque l’on prévoit un taux de 65% d’énergies renouvelables avec l’utilisation de l’énergie de récupération de l’usine de Gerland et la création d’une chaufferie biomasse à Surville.
  • Il participe à la lutte contre la précarité énergétique grâce à un coût maîtrisé pour l’usager, inférieur aux autres modes de chauffage. C’est un point fondamental pour nous UDI.
  • Il fait appel à des choix techniques novateurs, en particulier numériques. Même si sur ce point la sécurisation juridique a certainement limité dans les réponses le choix de technologies particulières.
  • Enfin, le projet est basé sur un développement ambitieux, mais sécuritaire du réseau et accompagné d’un investissement très conséquent du délégataire de 250 M€ à venir : longueur du réseau doublé, alors que dans le même temps le nombre d’usagers est triplé.

MAIS ON AURAIT PU ALLER PLUS LOIN…

  • Sur le périmètre, tout d’abord, en incluant Confluence (dont il va tout de même bientôt falloir dénoncer les errements de la SPL sur le dossier), mais aussi les communes de la 1ère couronne comme Saint-Fons, Saint-Priest, Décines, Meyzieu…
  • Sur la connexion avec les réseaux existant à proximité : Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Rillieux,…
  • Sur la prise en compte de l’énergie fatale des usines de la Vallée de la Chimie
  • Aller plus loin également sur l’engagement et l’implication de la collectivité dans la réussite du réseau : La Métropole a une réelle possibilité d’inciter les partenaires (tels que bailleurs sociaux, aménageurs de ZAC ou PUP, promoteurs privés, autres collectivités locales, Etat,…) à étudier les possibilités de raccordement au réseau. Nous aurions souhaité que sur ce point, la Métropole soit motrice et engagée.

Concernant la production de froid, nous serons très vigilent pour que le nombre croissant de forage dans les nappes phréatiques n’aboutissent pas un détérioration de ces dernières. Nous profitons de ce rapport pour vous demander une étude globale sur les nappes Lyonnaises et sur leur évolution dans le temps.

En conclusion, la sécurisation juridique du dossier a été privilégiée et, après tant de temps perdu, nous pouvons réellement le comprendre.

Mais à terme, Lyon disposera du plus grand réseau vert de France !

Il peut devenir un réseau de référence sur le plan européen. Et la marche est encore importante par rapport à d’autres pays européens comme la Suède.

Notre Métropole doit donc cesser d’être « frileuse » sur ce dossier et de se l’approprier et  communiquer positivement. Bref, la Métropole doit développer une véritable politique sur tous ses réseaux de chaleur, tel que le prévoit la loi MAPTAM.

Avec ce réseau de chaleur, Lyon a une antériorité dans le domaine du développement durable et cet aspect doit être perçu comme un facteur d’attractivité.

Ce dossier constitue un parfait exemple de ce que peut produire le partenariat entre secteur public et secteur privé : nous le voterons sans état d’âme !!!

Je vous remercie,

Laurence Croizier

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