C.GeourjonMonsieur le Président,

Pour les élus UDI, le covoiturage est un transport en commun individuel. Cela peut paraître antagoniste, mais il n’en est rien.

À l’heure où les finances des collectivités sont tendues, nous devons impérativement optimiser l’usage de nos infrastructures plutôt que d’en créer de nouvelles. De même, nous devons avoir le courage politique d’expliquer que, pour certains territoires les transports en commun ne peuvent être une solution, car le nombre de voyageurs est trop faible. Cela a un coût beaucoup trop élevé pour la collectivité et cela favorise également l’étalement urbain que nous dénonçons régulièrement.

À l’inverse, et nous le constatons aux entrées de la Métropole, le taux d’occupation moyen du véhicule dans le cadre d’un déplacement domicile-travail est seulement de 1,07… Autrement dit, lors des déplacements domicile-travail, l’immense majorité des conducteurs sont seuls dans leur véhicule.

Cela illustre la marge de progression importante de ce type de transport. Pour augmenter significativement le nombre de passagers, pour promouvoir le covoiturage, il convient de mettre en œuvre des mesures incitatives fortes.

Les deux rapports qui nous sont soumis aujourd’hui vont dans le bon sens. Le 1er propose de développer, en lien avec le site http://www.covoiturage-grandlyon.com/, un outil dynamique qui apportera plus de réactivité et de flexibilité pour les passagers et les conducteurs qui pourront demander et offrir un trajet jusqu’à 15 minutes avant leur départ, grâce à une application sur téléphone mobile. Le 2ème propose la mutualisation d’outils entre la Région Rhône-Alpes et la Métropole.

Nous estimons cependant qu’il est temps de changer d’échelle et de passer à une véritable politique incitative en faveur du covoiturage. Nos propositions sont de plusieurs ordres :

  1. La création d’un statut de « covoitureur » : L’usage des smartphones, combiné avec un système de géolocalisation permet simplement de valider la présence dans un même véhicule de 3 personnes       (1 conducteur et 2 passagers). Cette validation ayant été effectuée le conducteur et les passagers se voient attribuer pour la journée le statut de « covoitureurs ».
  2. La mise en place de voies réservées : Un des problèmes majeurs de tout automobiliste est l’accès à la 1ère couronne Lyonnaise. La possibilité de pouvoir réduire significativement ce temps serait donc un argument fort pour promouvoir l’usage du covoiturage.

Nous proposons de prendre exemple de plusieurs pays étrangers en réservant une voie d’accès au covoiturage. Ce dispositif est en cours de réalisation dans la région Parisienne, et déjà en place à l’entrée de Grenoble qui ont modifié l’usage de la bande d’arrêt d’urgence à cette attention.

À moyen terme, nous pouvons prendre exemple de Madrid, qui a placé cette voie au centre de l’axe autoroutier afin de pouvoir inverser le sens de circulation : le matin pour entrer dans l’agglomération, le soir pour pouvoir sortir de l’agglomération.

L’accès à cette voie serait réservé aux automobilistes bénéficiant pour la journée du statut de covoitureur (c’est-à-dire d’une voiture avec 3 personnes à son bord). Les contrevenants s’exposant à une forte amende.

1. Développer les aires de covoiturages en périphérie de la Métropole et au-delà au niveau de l’aire urbaine de Lyon

Les utilisateurs du covoiturage résident le plus généralement en milieu peu dense. L’usage de points de rendez-vous sauvage freine le développement du covoiturage. En effet ils peuvent susciter un sentiment d’insécurité et dans certains cas (entrée d’autoroute par exemple) poser des problèmes de sécurité routière.

Il est donc très important de développer un réseau d’aires de covoiturage dans la périphérie de la métropole. Soit, des zones sécurisées (nécessité d’éclairage par exemple), facilement accessibles (desservies par des transports en commun, bénéficiant d’une signalétique), proches des accès aux voies rapides et comportant un parking sécurisé pour les 2 roues (vidéo-protection).

2. Garantir un stationnement en centre-ville pour les covoitureurs :

Arrivé à destination, le conducteur doit pouvoir garer son véhicule facilement. À ce niveau, il convient de conduire une politique incitative vis-à-vis des entreprises afin que les éventuelles places de stationnement privées soient majoritairement destinées aux covoitureurs.

Au-delà, la collectivité doit mettre en place un système d’abonnement pour les covoitureurs avec un tarif préférentiel (stationnement en ouvrage ou sur la voie publique). Au niveau des parkings en ouvrage, il conviendrait de mettre en place un système de places réservées, comme c’est déjà le cas pour les abonnés.

Ces avantages ne seraient accessibles que si le statut « covoitureur » a été validé le matin même via l’application développée.

Le covoiturage n’est pas la solution miracle, mais offre une solution complémentaire aux autres modes de déplacement (TER, TCL, cars interurbains, Vélo’v, marche à pied, …). Il vient compléter une offre de transport en commun qui fait parfois défaut sur certains territoires.

Je vous remercie

Christophe Geourjon

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