Le débat d’orientations budgétaires constitue une obligation pour les collectivités territoriales. Il doit se tenir dans un délai de dix semaines précédant l’examen du budget. Il permet d’associer le Conseil à la préparation du budget et de fournir des éléments d’analyse de l’évolution des grands postes budgétaires.

Le rapport relatif au débat d’orientations budgétaires présente les éléments de contexte dans lequel évolue la Métropole de Lyon et décrit ensuite la situation et la stratégie financière de la Métropole de Lyon.

Christophe Geourjon intervient à ce sujet, sur un budget une nouvelle fois allégé par la Loi finance 2017.

Monsieur le Président,

Ce débat d’orientation budgétaire se situe dans un contexte national très difficile, voire inquiétant sur un plan économique. Nous constatons comme lors de l’examen du DOB 2016 : un niveau très élevé du chômage, une croissance en berne, des dépenses et une dette publique record, le tout avec une fiscalité excessive. Par ailleurs, nos collectivités subissent toujours l’effort demandé par le gouvernement afin de redresser les comptes publics de la nation.

Appliquer les recettes du passé ne permet pas à notre pays de se redresser. Il faut imaginer une autre manière de faire, une autre manière de gouverner. Il faut imaginer une organisation plus souple favorisant davantage les initiatives individuelles tout en veillant à ce que la solidarité nationale soit une réalité et non un mirage.

Localement, nous pouvons agir et nous en avons la responsabilité : simplifier les procédures, réduire les dépenses publiques, alléger la facture fiscale… Bref, libérer les énergies !

Nous tenons à souligner l’objectif de maîtrise de l’évolution des dépenses de personnel. Vous affichez une stabilité de la masse salariale tous budgets, stabilité qui intègre la GVT (Glissement Vieillesse Technicité). Nous regrettons que vous n’ayez pas fait cet effort plus tôt. Cela aurait évité, encore une fois, votre recours récurent à la hausse de la fiscalité.

Monsieur le Président, pouvez-vous nous confirmer que cette stabilité de la masse salariale est bien le fruit d’une meilleure organisation des services et non le résultat d’un recours accru à l’externalisation, à des sous-traitants et à des bureaux de conseils externes à la Métropole?

Les dépenses de fonctionnement à caractère social montrent une croissance importante qui devrait se prolonger dans les années à venir. Pour 2017, c’est globalement +3,3% pour atteindre un budget de 727M€. : plus précisément, +5% pour le RSA, +4% pour l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), +2,5% pour les frais d’hébergement (personnes souffrant d’un handicap, personnes âgées et enfance).

Le financement des dépenses sociales est un des défis majeurs que nous aurons à affronter dans les années à venir. C’est aussi un des intérêts de la fusion de la Communauté Urbaine et du Département : financer la hausse des dépenses sociales en réduisant le bas de laine du Grand Lyon sans avoir recours à la hausse de la fiscalité.

Au niveau des subventions et participations, nous désapprouvons la baisse de 3% de la subvention versée au SYTRAL. La mobilité est une priorité pour les habitants et les entreprises de la Métropole. C’est un facteur d’attractivité économique, d’équité sociale et enfin de santé publique. Le pic de pollution que nous subissons actuellement est là pour nous le rappeler. Dans ce contexte cette baisse de 3% n’est pas opportune.

Depuis des années, nous vous demandons :

  • plus de mutualisation pour optimiser les dépenses de fonctionnement,
  • plus de transversalité pour augmenter l’efficacité de nos politiques,
  • plus de simplification pour libérer les énergies

Lors du dernier Conseil Municipal de la Ville de Lyon, vous m’avez répondu que la mutualisation entre la Métropole et les communes n’était pas d‘actualité dans ce mandat, ce qui est une erreur car il y a une réelle possibilité de rendre un meilleur service aux habitants à un coût maîtrisé.

Suite à la demande de notre collègue Marc Grivel, vous avez bien voulu transmettre aux élus que nous sommes le projet d’évolution de l’organisation de l’administration métropolitaine. Nous sommes heureux de constater que la Métropole s’oriente enfin vers une territorialisation de ces actions, comme les élus UDI l’avaient demandé à plusieurs reprises. Nous regrettons qu’une fois encore les habitants de la ville de Lyon ne bénéficient pas d’un accompagnement de proximité. Dans votre projet il est prévu seulement 11 Maisons de la Métropole donc une seule pour la totalité de la Ville de Lyon. Il était plus logique d’installer une maison de la Métropole pour chaque CTM à Lyon comme à l’extérieur de Lyon. Nous regrettons également que les élus métropolitains ainsi que les maires n’aient pas été associés plus en amont à ce projet. En effet, cette nouvelle organisation n’est pas simplement une évolution technique, mais doit être au service d’une vision politique du développement et de la gouvernance de notre territoire.

Je vous remercie,

Christophe Geourjon

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