Métropole de LyonLe débat d’Orientation Budgétaire (DOB) est régie par la loi du 6 février 1992, dans ses articles 11 et 12, et qui rend obligatoire pour les communes et les régions l’organisation d’un débat sur les orientations générales du budget qui était déjà prévue pour les départements (loi du 2 mars 1982).

Aujourd’hui, la Métropole de Lyon a présenté le DOB 2016. Après avoir observé des points positifs dans cette présentation, c’était l’occasion pour Christophe Geourjon de faire un point sur divers sujets controversés dont la presse a mis à jours en ce début d’année. 

CGe - copieMonsieur le Président,

Ce débat d’orientation budgétaire est le 1er de la Métropole de Lyon, il se situe dans un contexte national très difficile, voire inquiétant :

  1. Un chômage qui progresse mois après mois, année après année, atteignant le taux critique de 10,6% au 3ème trimestre 2015, soit 2,9 millions de personnes au chômage (au sens du BIT). Chiffres très élevés en comparaison avec nos voisins européens (4,5% en Allemagne, 8,6 en Belgique, 5,6 au Royaume-Uni).
  2. Une croissance en berne. La croissance du PIB de la France a atteint seulement 1,1% en 2015. Taux largement insuffisant pour faire baisser le chômage et la précarité.
  3. Des dépenses publiques record qui s’élèvent à 56,57% du PIB et une fiscalité excessive illustrée par un taux de prélèvements obligatoires qui culmine à 52,9% du PIB. Les déficits publics ne sont pas maîtrisés et ce malgré les fortes ponctions imposées par le gouvernement aux collectivités locales.
  4. La dette publique est historique. Elle s’élève à 2 103,2 milliards € soit 96,9% du PIB. A titre de comparaison, l’Allemagne a une dette qui atteint 77,3% de son PIB, l’Autriche 75,1% et le Royaume-Uni 91,1%.

Quel que soit le critère, on voit malheureusement que notre pays est à la traine par rapport à beaucoup de nos voisins européens.

Appliquer les recettes du passé ne permet pas à notre pays de se redresser. Il faut imaginer une autre manière de faire, une autre manière de gouverner. Il faut imaginer une organisation plus souple favorisant davantage les initiatives individuelles tout en veillant à ce que la solidarité nationale soit une réalité et non un mirage.

Localement, nous pouvons agir et nous en avons la responsabilité : simplifier les procédures, réduire les dépenses publiques, alléger la facture fiscale… Bref libérer les énergies !

Les premières orientations budgétaires présentées par le vice-président aux finances ainsi que vos propos introductifs a cette séance nous laissent entre voir des points positifs et nous nous en réjouissons.

  1. Une maîtrise affichée des subventions et des participations avec une baisse qui devrait être de -4,2%. Nous regrettons seulement que vous n’ayez pas fait cet effort plus tôt. Cela aurait évité votre recours récurrent à la hausse de la fiscalité.
  2. Une maîtrise, enfin, de l’évolution des dépenses de personnels

Vous affichez une stabilité de la masse salariale tous budgets. Stabilité intégrant la GVT (Glissement Vieillesse Technicité) que vous estimez à 4M€. Là aussi, nous regrettons que vous n’ayez pas fait cet effort plus tôt. Cela aurait évité, encore une fois, votre recours récurent à la hausse de la fiscalité.

Concrètement cela signifie donc qu’en 2016, vous prévoyez de supprimer 80 postes par une réorganisation des services. Monsieur le Président pouvez-vous nous confirmer ces suppressions de postes ? En commission finance, la réponse n’était pas très claire, pour ne pas dire confuse. Monsieur le Président, pouvez-vous nous confirmer que ces efforts de rationalisation des services et de stabilité de la masse salariale se poursuivront au-delà de 2016 ?

La baisse drastique de la DGF voulue par Messieurs Hollande et Vals vous impose d’optimiser enfin votre gestion, de réduire les dépenses de fonctionnement et d’accélérer la réorganisation des services.

Les dépenses de fonctionnement à caractère sociales montrent une croissance importante : +7% pour le RSA, +4% pour la politique du vieillissement.

Au final, notamment du fait des dépenses sociales, notre budget de fonctionnement continuera donc d’augmenter en 2016 mais seulement de 1,7%.

Le financement des dépenses sociales est un des défis majeurs que nous aurons à affronter dans les années à venir. C’est aussi un des intérêts de la fusion de la Communauté Urbaine et du Département : financer la hausse des dépenses sociales en réduisant le bas de laine du Grand Lyon sans avoir recours à la hausse de la fiscalité.

Dans ces conditions vous comprendrez que nous ne pouvons nous contenter de ces signes positifs. Depuis des années, nous vous demandons plus d’audace, plus d’imagination. Nous vous demandons :

  • plus de mutualisation pour optimiser les dépenses de fonctionnement,
  • plus de transversalité pour augmenter l’efficacité de nos politiques,
  • plus de simplification pour libérez les énergies

Si j’ai bien entendu vos propos en début de séance il semble que vous nous ayez entendu

Pour l’avenir, un point nous inquiète. Il s’agit du départ de Benoît Quignon. En effet, alors qu’il avait la double casquette de DGS de la Ville de Lyon et du Grand Lyon, il n’a pas réussi une mutualisation à grande échelle entre la Ville centre et le Grand Lyon. Aujourd’hui, chaque collectivité va avoir son DGS, et j’en profite pour souhaiter la bienvenue au nouveau DGS de la Métropole, Monsieur Nys. Mais avec 2 DGS, chaque administration va avoir sa stratégie et son amour-propre. Dans ces conditions comment mutualiser ? Et pourtant c’est possible, Bordeaux, Strasbourg ou Amiens nous le démontrent.

Enfin, je reviendrai sur des secteurs où des économies sont possibles.

Lors du conseil du 2 novembre, Laurence Croizier s’était étonné du montant très élevé de la subvention versée pour le Festival « Mode d’emploi, un festival des idées » organisé par la Villa Gillet. Le récent rapport de la Chambre régionale des comptes donne encore plus de force à ses propos. Sur ce dossier c’est la région qui est chef de file. Nous reconnaissons les grandes qualités artistiques et culturelles de Guy Walter. Mais cela ne doit pas dédouaner les collectivités de contrôler efficacement la gestion et les budgets des structures satellites. Monsieur le Président, nous vous demandons la mise en place d’un contrôle budgétaire efficace de l’ensemble des structures subventionnées par la Métropole.

Autre source d’économie : la délégation diplomatique du Grand Lyon à Paris. Déjà, lors du conseil du 29 juin 2015, je m’interrogeai sur son coût et sur son utilité. Maintenant que nous savons (grâce au Progrès) que cet appartement coûte 300 000 € par an, nous sommes encore plus dubitatifs.

Enfin dernier point, depuis 15 jours les cérémonies des vœux se succèdent au Grand Lyon. Les vœux sont une tradition importante, un moment de convivialité et de partage mais cela peut être fait sans dépenses ostentatoires. Est-il nécessaire de transformer le hall de la Métropole en une salle de spectacle avec des techniciens son et lumière, des caméramans et une retransmission sur écran géant ? Sans oublier que, pour les vœux aux associations, la commande passée auprès du traiteur était très largement surestimée par rapport au nombre de participants!

La Métropole a malheureusement encore des marges de progression en termes d’optimisation de son budget de fonctionnement !

Je vous remercie

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