Il faut créer les conditions d’une presqu’île attractive et apaisée dans le respect des équilibres entre habitants, commerçants et visiteurs

Suite à l’intervention du lundi 24 juin dernier sur la piétonisation de la Presqu’île, Denis Broliquier a approuvé la démarche d’expérimentation de piétonisation. Sur un sujet aussi complexe, c’est la meilleure méthode pour aboutir à des solutions à la fois efficaces et partagées. 

La réussite de cette ambition va dépendre de deux éléments fondamentaux : sa lisibilité et les moyens qui seront alloués.

Denis Broliquier

Intervention Denis Broliquier

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer sur le plan de redynamisation du centre-ville de Lyon et nous y sommes bien sûr très favorables. Et nous profitons de ce dossier pour évoquer le sujet de la piétonisation de la presqu’île à la veille de la première réunion de concertation. Car au-delà des opérations ponctuelles d’accompagnement des commerçants, il est temps de penser l’avenir à long terme de notre cœur de Métropole.

Nous le disons aujourd’hui, nous sommes pour a démarche d’expérimentation de piétonisation ; d’autant plus favorable qu’elle semble sincère. Sur un sujet aussi complexe, c’est la meilleure méthode pour aboutir à des solutions à la fois efficaces et partagées. 

Les habitudes changent, les aspirations aussi. Et il est temps de mettre notre cœur de Métropole au diapason d’un développement qui conjugue attractivité et qualité du cadre de vie, pour les habitants comme pour les visiteurs.

Cette expérimentation est à notre sens  indispensable car la piétonisation, les habitants le savent bien, n’est pas toujours la bonne idée que l’on croit au quotidien : difficultés d’accès, pas de stationnement de surface. Une plus forte fréquentation et toutes les nuisances affairantes, animations permanentes, officielles ou sauvages, squats de punks à chiens,… n’oublions pas qu’au-delà des belles images, à certains jours et à certaines heures, c’est aussi tout cela la piétonisation. Regardez à quoi ressemble aujourd’hui la rue de la République et la rue Victor Hugo. 

Notre objectif est clair. Il faut créer les conditions d’une presqu’île attractive et apaisée dans le respect des équilibres entre habitants – commerçants – et visiteurs. La presqu’île connaît depuis deux ans une forte dégradation de son cadre de vie. Pollution de l’air, pollution sonore, insécurité croissante, saleté, … nous n’avons jamais reçu autant de doléances sur ces sujets. Et se sont ajouté les groupes Facebook comme « Presqu’île en colère ». Les habitants ont fait preuve de beaucoup de patience. Ils savent qu’ils sont en centre-ville. Mais là, le seuil de tolérance est franchi. Et nous les comprenons ! 

L’attractivité de la ville s’est considérablement développée mais les conditions d’accueil en centre-ville ne suivent pas. La piétonisation peut être une solution pour rétablir certains équilibres.

Cette expérimentation ne  peut bien sûr s’entendre sans concertation. Après une annonce un peu hâtive…, il semble que les choses s’organisent plus sérieusement. Là aussi, nous vous rejoignons car si les habitudes changent, les attentes des citoyens aussi. C’est typiquement un sujet sur lequel l’avis des commerçants, des responsables associatifs comme les CIL, des conseils de quartier, des habitants, doit venir éclairer l’avis des élus que nous sommes. Une concertation en amont comme ce sera le cas demain soir, mais aussi au fil de l’expérimentation pour adapter le projet au fur et à mesure des remontées. Il va de soi mais ça va toujours mieux en le disant… que la Métropole devra s’appuyer sur les élus et techniciens d’arrondissements pour coordonner ce processus de réflexion et de mise en œuvre, nous en avons parlé ce matin Monsieur le Président.

La réussite de cette ambition va dépendre de deux éléments fondamentaux : sa lisibilité et les moyens qui seront alloués.

Sur la lisibilité d’abord, il s’agit de proposer une lecture claire et immédiate du dispositif mis en œuvre. Le principe d’un message à plusieurs vitesses sur une même zone nous parait bien ambitieux en  termes de lisibilité par le public. S’il doit jongler entre Zones à trafic limitée, Aires piétonnes et Zones de Rencontre, cela risque de créer une grande  confusion. 

Autre élément clé de cette lisibilité, la périodicité. Elle doit être suffisamment récurrente pour être comprise par le plus grand nombre et servir une expérimentation efficace. 

Sur les moyens ensuite. La lisibilité implique des moyens de communication et de mise en œuvre très importants.

La communication en amont d’abord, doit être là encore très claire. Elle doit aussi s’opérer à une échelle qui va bien au-delà de la Ville de Lyon puisque que le rayon de chalandise de la presqu’île est de 150 km. Si on parle d’un objectif d’attractivité économique, c’est bien à cette échelle qu’il faut penser ce projet de piétonisation. Et là, plusieurs questions se posent.

Si la périodicité et le périmètre vont être soumis à concertation, comment allez-vous matérialiser physiquement cette zone piétonne ? L’exemple de l’interdiction de circuler sur les rues Edouard Herriot et Brest les vendredis et samedis démontrent à quel point les panneaux ne suffisent pas. Comment vont s’opérer les contrôles ? Avez-vous estimé le coût financier de cette expérimentation ?

Il va de soi que ce projet à long terme sur l’ensemble du territoire du cœur de notre agglomération est important pour l’ensemble de celle-ci. Tout comme le projet de végetalisation annoncé au même moment par la Ville. Je regrette toujours qu’il n’y ait pas de réflexion commune ni même de coordination en amont entre la ville et la Métropole sur ces sujets. Mais essayons d’avancer sur le terrain à défaut d’avoir une volonté commune et officielle des chefs.  

Si nous sommes très favorables à cette expérimentation, beaucoup de questions demeurent. Et nous vous invitons, Monsieur le Président, à ne pas confondre vitesse et précipitation, et ce, malgré le calendrier électoral… Il faudra une expérimentation suffisamment longue et impactante, des moyens adaptés et de bons outils d’évaluation pour en tirer les meilleurs enseignements. 

Je vous remercie.

Denis Broliquier


Conseil de la Métropole du 8 juillet 2019

Dossier n°2019-3676 : finances, institutions, ressources et organisation territoriale – Plan d’actions en faveur redynamisation commerciale de la Presqu’île de Lyon suite aux impacts du mouvement des Gilets jaunes – Signature d’une convention tripartite entre la Métropole de Lyon, l’Etat et la Ville de Lyon