La désaturation du NFL est un enjeu d’aménagement du territoire

Ce lundi 18 mars, une commission générale a présenté le projet de Nœud ferroviaire lyonnais

Pour le groupe UDI et Apparentés, il est essentiel de nous assurer que le projet de désaturation du Nœud ferroviaire lyonnais (NFL) permette la mise en place, à moyen et long terme, d’une desserte ferroviaire de type RER sur l’ensemble du territoire.

Christophe Geourjon revient sur les objectifs que devrait prendre en compte ce projet pour l’ensemble des habitants de la Métropole de Lyon.

Intervention de Christophe Geourjon

Monsieur le Président, 

En premier lieu merci aux intervenants de SNCF Réseaux et de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) pour cette présentation. Présentation qui a tenté de lever, de corriger certaines erreurs de contextualisation de ce dossier.

En effet, pour les élus « UDI et apparentés » la désaturation du NFL est un enjeu d’aménagement du territoire, il ne peut se résumer seulement à une question de voies ferrées ou de quais.

Dans ce contexte, nous sommes très étonnés, et nous avons déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, que ce projet soit conçu et porté par « SNCF Réseaux », qui est une filiale du groupe SNCF. C’est un peu comme si le SYTRAL demandait à KEOLIS de concevoir et porter le projet de métro E. KEOLIS, comme la SNCF, sont des opérateurs de transports publics, mais les projets de développements de ces transports sont, selon le cas, du ressort de l’État, de la Région, de la Métropole et du SYTRAL ! 

De même, nous sommes étonnés du contenu du dossier qui omet de présenter les enjeux de ce débat. En effet, on nous parle de voies, de gares, de quais, d’alimentation électrique, mais ce ne sont que des outils a quoi  vont-ils servir ? Pour nous, l’État et la région auraient dû indiquer en introduction de ce débat leurs ambitions en termes de développement des transports ferrés publics. À partir de ces objectifs, il aurait alors été possible de définir les besoins futurs en termes de voies, de quai ou de gare. C’est la raison pour laquelle, en fin de conseil, nous présentons un vœu demandant que la Métropole, l’ensemble des collectivités locales de l’aire métropolitaine lyonnaise et la région Auvergne-Rhône-Alpes indiquent collectivement leurs ambitions en termes de dessertes ferroviaires du quotidien. Il est pour nous essentiel de nous assurer que le projet de désaturation du Nœud ferroviaire lyonnais (NFL) permette la mise en place, à moyen et long terme, d’une desserte ferroviaire de type RER sur l’ensemble du territoire.

Le choix de tout concentrer sur Part-Dieu est discutable. Est-il pertinent que 2 à 3 millions d’habitants de l’aire métropolitaine lyonnaise soient obligés de se rendre au cœur de la ville centre de la Métropole pour emprunter un train ? Il y avait d’autres alternatives : développer la gare de St Exupéry qui est à ce jour sous utilisé, développer le contournement fret de l’agglomération permettant de libérer des sillons au niveau de Part-Dieu, renforcer la gare de St Claire pour qu’elle devienne le point d’entrée nord des TER/RER en binôme de la gare de Jean Macé au sud de la Part-Dieu. Gare de Jean Macé qui a encore une forte capacité de développement. Attention de ne pas reproduire l’erreur de Pradel qui a voulu que l’autoroute A6/A7 traverse le cœur de Lyon ; 40 ans plus tard, nous essayons encore de corriger cette erreur !

Ce projet propose essentiellement une désaturation nord-sud, mais pas un mot pour renforcer les liaisons avec l’ouest de la Métropole : 

  • Le tram-train de l’ouest, 
  • Mais aussi la voie qui dessert Saint-Germain-au-Mont-d’Or, Couzon-au-Mont-d’Or, puis au-delà Villefranche, Mâcon ou Roanne
  • Ni vers Saint-Etienne par la rive droite du Rhône permettant de desservir Irigny, Givors. 

Pour renforcer le cadencement de ces liaisons, il était indispensable d’augmenter la capacité du tunnel Saint Iréné qui permet l’arrivée sur Perrache. Encore une fois, on voit bien que ce projet a été pensé et porté par la SNCF pour qui le développement des liaisons grandes lignes ou TGV sont la priorité.

Dernier point, mais pas le moins important :

  • L’insertion urbaine de 2 voies supplémentaires en aérien va amplifier la coupure urbaine que constituent les voies ferrées aussi bien au niveau de Villeurbanne, des 6ème, 7ème et 8ème arrondissements.
  • À l’inverse une gare souterraine, avec une tube de 6kms de long traversant la quasi-totalité de la ville de Lyon, pose un véritable problème écologique. Projet après projet il y a un risque de plus en plus fort que l’état sanitaire de la nappe phréatique soit fortement altéré. 

Je vous remercie    

Christophe Geourjon