La stratégie de lutte contre la pauvreté une avancée positive, mais n’oublions pas nos ainés

Lors de la séance du 10 décembre 2018, le Conseil de la Métropole à approuvé la candidature de la Métropole de Lyon en qualité de territoire démonstrateur pour déployer la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté impulsée par l’État. Marylène Millet c’était exprimé pour demander l’organiser une commission générale pour impliquer tous les élus à cette stratégie. Demande acceptée par David Kimelfeld.

La délibération du 24 juin, propose une convention pluriannuelle d’appui à la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi, sur la période 2019-2021 :

  • Un engagement en faveur de la lutte contre la pauvreté qui s’inscrit dans les orientations stratégiques de la Métropole
  • Une méthode de concertation pour définir des actions au plus près des besoins du territoire et des publics en grande précarité
  • Un plan d’actions partenarial et volontaire de 9,6 M€ sur 3 ans

Il définit également les actions-cadres de la stratégie métropolitaine de prévention et de lutte contre la pauvreté :

  • Action 1 – Prévenir les sorties sèches des jeunes majeurs accompagnés au titre de l’ASE
  • Action 2 – Mettre en place des maraudes mixte État / Métropole
  • Action 3 – Organiser le premier accueil inconditionnel de proximité
  • Action 4 – Généraliser les référents de parcours
  • Action 5 – Renforcer les passerelles entre insertion et emploi
  • Action 6 – Développer la prévention auprès de la petite enfance
  • Action 7 – Prévenir le décrochage scolaire
  • Action 8 – Accompagner les jeunes rencontrant des problématiques de santé mentale
  • Action 9 – Favoriser l’accès de tous à la culture
  • Action 10 – Faciliter l’accès aux établissements médico-sociaux des personnes en grande précarité âgées et/ou en situation de handicap
  • Action 11 – Placer le public en grande précarité au cœur de la démarche.

A l’automne prochain, les projets subventionnés pour l’année 2019 sont sélectionnés.

Intervention de Marylène Millet

Monsieur le Président, chers collègues,

En décembre dernier j’avais déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la Stratégie de lutte contre la Pauvreté et des pistes intéressantes proposées nationalement sur la prise en compte des précaires dès leur plus jeune âge, et la forte volonté affichée d’inverser la triste tendance actuelle qui fait que si on tombe dans la pauvreté, on a de fortes chances d’y rester, et nos enfants aussi ! 

Au sein du groupe UDI, nous nous félicitons du travail d’implication des élus et des partenaires dans la construction de la stratégie sur notre territoire. Coconstruire est en effet indispensable pour arriver à faire reculer ce fléau de la pauvreté qui (nous l’avons déjà rappelé) concerne 15,7% de la population métropolitaine. Il est aussi primordial de prendre appui sur les initiatives développées par les communes et pouvant être dupliquées.

Toutefois j’aurais deux réserves :

  • L’une concerne l’articulation de notre stratégie avec celle développée au niveau régional. 15 groupes de travail ont été constitués régionalement et nous ne voyons pas quelle articulation est prévue avec la Métropole. Merci de nous préciser, Monsieur le Président, comment vous envisagez de faire ce lien.
  • L’autre concerne les grands oubliés du plan national, à savoir les personnes âgées.

Nous avons bien noté que la Métropole s’engageait sur ce point dans une action volontaire intitulée  « accompagner les personnes âgées et/ou en situation de handicap, en grande précarité, vers des solutions d’hébergement en établissement ». Je regrette que cet accompagnement ne concerne que des solutions d’hébergement en établissement, et ne propose pas une politique plus volontariste et innovante d’accompagnement et de prévention de la pauvreté avant l’établissement. 

Rappelons que la pauvreté se double bien souvent de l’isolement et que les deux cumulés accentuent le vieillissement, la détérioration de la qualité de vie, la perte de confiance en soi et le sentiment d’inutilité sociale. 

Selon une étude de 2017 de l’association des petits frères des Pauvres, 300 000 personnes de plus de 60 ans sont dans un isolement extrême à savoir l’équivalent d’une ville comme Nantes. Les premières concernées sont des femmes, de plus de 75 ans, avec des revenus modestes.  

On estime également qu’une femme retraitée sur deux habitant seule vit sous le seuil de pauvreté. C’est dire s’il est important de lutter contre la pauvreté de nos ainés et cela avant l’entrée en EHPAD, pour qu’ils puissent avoir une belle vie quelque soient leurs fragilités et une place dans la société. 

Cette semaine, je m’indignais de la une d’un magazine qui titrait « Vieillissement : le péril gris ». Arrêtons de ne voir les ainés que comme une charge, pensons-les comme une ressource. Stop à l’âgisme ! Et pour cela rien de mieux que comme le stipule la sixième proposition volontaire que de placer les publics « au cœur de la démarche ». Car comme le disait l’Abbé Pierre : « La misère est muette comme le pouvoir est aveugle. Il faut que la voix des hommes sans-voix empêche les puissants de dormir. »

Nous serons vigilants à cette association des publics et resterons force de proposition pour accompagner la Stratégie de lutte contre la Pauvreté et garantir son efficacité.

Je vous remercie.

Marylène Millet



Conseil de la Métropole du 24 juin 2019

Dossier n°2019-3575 : développement solidaire et action sociale – Engagements de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté