La Communauté urbaine de Lyon s’était engagée depuis plusieurs années dans une politique visant à inciter l’usage du vélo et à faciliter la marche sur l’agglomération, notamment, à travers ses 2 précédents plans modes doux. Ce plan d’actions pour les mobilités actives inscrit cette dynamique de reconquête par les modes actifs dans une stratégie d’action globale et partagée. Il rassemble ainsi le plan modes doux dédié essentiellement au vélo et engagé lors du précédent mandat et le plan piéton dont le principe a été délibéré le 13 janvier 2014 « vers une stratégie piéton à la Communauté Urbaine de Lyon ».

Christophe Geourjon est intervenu afin de présenter une nouvelle fois sa proposition de Plan de Déplacement Piéton (projet déjà présenté en 2013), projet qui améliorerait la mobilité et la qualité de vie des Lyonnais.

 

Monsieur le président,

Mobilité active - Groupe UDI Métropole de Lyon 2Nous soutenons l’objectif d’améliorer la qualité de vie de nos concitoyens en les incitant à se déplacer à vélo ou en marche à pied grâce à ce Plan d’actions pour les mobilités actives 2016-2020.

L’étude présentée démontre la marge de progression : 30% des déplacements inférieurs à 1km se font en voiture ou en transport collectif et 25% des déplacements sur la ligne A et C3 concernent des voyages de seulement une station. Certes, notre métropole est composée d’un réseau de transport en commun développé, mais les TCL et la mobilité active ne sont pas antinomiques !

Dès juillet 2013 j’avai proposé, au nom des élus UDI, de créer un Plan de Déplacement Piéton (PDP) intégré au Plan de Déplacement Urbain (PDU). En janvier 2014, le Grand Lyon avait adopté le lancement d’étude vers une stratégie piéton à la Communauté Urbaine de Lyon. Ce plan d’action pour les mobilités actives est donc une suite de nos propositions. Je m’en réjoui.

Ce plan déplacement piéton serait un outil incitatif vis à vis des Métropolitains, mais aussi structurant permettant de créer un réseau piétonnier décentralisé et articulé avec les transports en commun. Ce PDP améliorerait la mobilité et la qualité de vie des Lyonnais. Ses objectifs sont multiples, et je vais vous les énumérer une nouvelle fois :

  • lutter contre la pollution, notamment sur les courtes distances, le 1er kilomètre parcourut étant le plus polluant ;
  • améliorer la qualité de vie et l’agrément des espaces publics
  • permettre aux lyonnais de redécouvrir leur ville et les commerces de proximité dans leurs déplacements quotidiens.
  • relier les zones piétonnes aux autres modes de déplacement,
  • constituer un réseau d’itinéraires verts
  • favoriser une activité physique, en sachant que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande ½ heure d’activité physique modérée par jour ;
  • améliorer l’accessibilité de nos rues et avenues pour les personnes à mobilité réduite ainsi que pour les jeunes parents avec des poussettes
  • mieux partager l’espace public, désamorcer les conflits piétons-vélos et mieux intégrer les itinéraires piétons dans les carrefours
  • favoriser l’équilibre des différents modes de déplacement en incitant au choix du mode le plus adapté : piétons, vélos, transports publics, autopartage et co-voiturage, enfin les véhicules individuels

Une semaine après la signature officielle de la COP21, nous soutenons donc avec enthousiasme l’adoption de ce plan des mobilités actives !

Prenons l’exemple de Strasbourg et son double statut de capitale du vélo et du plan piéton (qui a reçu le prix de la mobilité durable fin 2014). Une étude de 2015 annonce qu’à Strasbourg 50 % des personnes interrogées marchent entre 10 et 30 minutes par jour et 33 % estiment marcher plus de 30 minutes. C’est par ailleurs plus que la moyenne française (25 % des Français).

Quant à Avignon, ils révolutionnent les modes doux en donnant la priorité aux piétons et aux cyclistes dans la ville. Des mesures votées mercredi dernier prévoient une adaptation de la ville d’ici 2020 : vitesse réduite, nouvelles zones piétonnes, suppression de mobiliers urbains, aménagement des trottoirs, nouvelle signalisation, création d’axes rapides pour les piétons (appelés magistrales…), itinéraire cyclable le long des remparts. En ajoutant un changement sur les tarifs de stationnement qui diminue selon la distance.

Certes, il s’agit d’habitudes sociologiques locales et d’une géographie favorable. Mais notre territoire dispose d’une architecture remarquable et un aménagement agréable, large et adapté à tous, où un Plan Piétons, comme je vous le propose, pourrait changer nos habitudes.

Mobilité active - Groupe UDI Métropole de Lyon 1La marge de progression est importante. En effet pour ne parler que des déplacements en vélos, la dernière enquête ménage montre une progression significative avec un doublement de son usage pour atteindre 3% des déplacements. Mais cette enquête montre aussi un plafonnement de la part modale du vélo. A titre de comparaison, à Amsterdam les vélos représentent 33% des déplacements !

Un regret l’absence d’objectifs chiffrés pour la part modale du vélo et de la marche à pied qui sont renvoyés au futur PDU qui est porté par le SYTRAL. C’est une illustration de la bizarrerie de notre organisation que je dénonçai précédemment lors de la commission générale en début de ce conseil.

Gilles Vesco citait dans ses propos introductifs le renouvellement du marché Velo’v. Je souhaite attirer l’attention des élus sur la difficulté que peut représenter pour les habitants les plus modestes, pour les étudiants la caution de 150€ nécessaire pour souscrire un abonnement Vélo’V. Je souhaite que ce point puisse être pris en compte dans le prochain marché.

En suivant l’élan des plans d’actions innovants déjà lancés et mis en œuvre par des villes françaises et européennes nous devons mettre en place de nouvelles formes d’action comme :

  • des jalonnements piétons,
  • une réelle continuité des pistes cyclables et des cheminements piétons. Ces cheminements doivent être préservés lors de travaux ou de constructions immobilières, des autoroutes pour vélo permettant une plus grande sécurité et favorisant l’allongement des distances parcourues
  • le développement de la présence de vélo dans les couloirs de bus réaménagés
  • le développement d’un système de location de vélo longue durée,
  • faciliter l’accès des cyclistes aux transports en communs (notamment les TER).
  • le développement et la sécurisation des parkings à vélos. Nous avons tous en tête le parking à vélo de la gare d’Amsterdam qui offre 10 000 places de stationnement … le chemin reste long pour nos gares de la Part Dieu ou de Perrache!

J’attire votre attention sur le manque de lisibilité du stationnement des vélos en gare, dotées pour certaines de consignes à vélo TCL pour d’autres de consignes à vélo TER qui ne sont pas accessibles à tous. Un travail de coordination est à engager avec la région pour rendre plus lisible ces stationnements et pour favoriser le rabattement autrement qu’en voiture dans l’ensemble des gares de la Métropole. Je ne doute pas que le PDU en cours d’élaboration par le SYTRAL traitera de la problématique du rabattement vers les gares et terminus de métro / tramway. C’est une condition essentielle à l’accès de la Métropole pour ceux qui viennent chaque jour travailler dans la Métropole en se rabattant sur le réseau TER et TCL.

De même, il convient de favoriser la promotion des modes actifs nouveaux compacts : trottinette, trottinette électrique, vélo pliable, segway compact (modes portables / pliables ne nécessitant pas d’infrastructures dédiées en station). Demain, notre mobilité en ville s’appuyera aussi sur ces nouveaux modes.

Pour les élus UDI, les déplacements et les questions de mobilité doivent être vus de manière globale et multimodale. Selon les besoins, selon le contexte nous sommes tour à tour utilisateurs de vélo, de marche à pieds, de transport en commun et aussi de voitures.

Je vous remercie

Christophe Geourjon

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