Logement : on voit bien que les prix flambent dans certains quartiers

Monsieur le Président,

La question du logement transcende les domaines de l’action publique. Que l’on aborde les mobilités, le vieillissement de la population, l’attractivité de la métropole, la cohésion territoriale, la mixité sociale, le pouvoir d’achat, toujours la question du logement se pose.

Elle est aussi liée à celle de la transition écologique. Si l’on ne veut pas une agglomération où les familles sont reléguées en périphérie et que les centres-villes se transforment au mieux en musée, au pire en zones tertiaires, il faut agir pour que les dites familles puissent encore se loger à prix décent en centre-ville.

Si nous ne sommes pas encore dans la situation parisienne, on voit bien que les prix flambent dans certains quartiers et que cela devient complètement abracadabrantesque.

Si c’est sans doute le prix de l’attractivité, ce prix ne doit pas être payé par les classes moyennes qui ne peuvent plus se loger en centre-ville.

Il est aujourd’hui quasi impossible à certaines familles d’acquérir en centre-ville. La flambée des prix rend les logements inabordables sans apport conséquent. Il arrive même que des familles aux revenus moyens soient trop riches pour être aidées. Or, il n’y aura jamais de mixité sociale si les classes moyennes sont reléguées du centre-ville.

Beaucoup a été essayé : des dispositifs législatifs incitateurs ou contraignants jusqu’au laisser-faire. Mais force est de constater que l’on arrive pas ou peu à endiguer la flambée des prix de l’immobilier dans des métropoles comme la nôtre.

Quelle est la réponse que la métropole peut apporter ?

Vous avez annoncé un plan d’urgence pour l’accès au logement dont la création d’un office foncier solidaire fait partie. C’est une solution intéressante. Le groupe des élus UDI et apparentés la soutient car nous avons conscience que l’action en faveur d’un logement abordable et digne est prioritaire.

L’objectif est de 950 logements à terme qui pourraient faire l’objet d’un bail réel solidaire. D’ailleurs en lisant la délibération on ne se rend pas compte si c’est 950 logements sur 5 ans ou par an.

Quoiqu’il en soit, on peut toutefois regretter que l’objectif d’acquisition-amélioration ne soit limité qu’à 100 logements alors qu’il est prévu 450 logements neufs. Il est pourtant des secteurs où le foncier est inexistant et où pourtant l’action de l’OFS serait nécessaire pour maintenir certains équilibres et endiguer certains excès, comme dans certains quartiers du 6ème ou du 2ème arrondissement. Prenons garde aussi à bien suivre de près l’objectif des 400 logements sociaux par an afin de ne pas soit créer des copropriétés fragiles, soit des carences de logements locatifs dans des secteurs déjà trop déficitaires.

J’ai bien conscience de la limite des marges de manœuvre financière mais le logement mérite d’être la priorité.

Je vous remercie,

Marc Augoyard


Conseil du 30 septembre 2019

Dossier n°2019-3795 – Association organisme de foncier solidaire (OFS) de la Métropole de Lyon – Participation à la création de l’association en tant que membre fondateur – Désignation de représentants de la Métropole – Dotation initiale – Individualisation totale d’autorisation de programme – Garanties d’emprunt

Intervention de Marc Augoyard