Lyon est confrontés à une hausse importante du nombre d’appartements Airbnb et d’autres plateformes de meublés de tourisme. Pour réglementer cela, la Ville de Lyon (lundi 18 décembre) et la Métropole de Lyon (le 20 décembre) ont mis en place une déclaration obligatoire qui oblige désormais les propriétaires à compenser leur présence sur le marché touristique par la location de longue durée classique d’une surface au moins équivalente.

Les dérives peuvent rapidement arriver ! Plusieurs villes européennes et mondiales ont déjà subi des conséquences néfastes sur leur territoire. Nous avons déjà des quartiers comptant de plus de 5% de meublés de tourisme, soit autant de logements en moins pour les ménages. Et dans le même temps des milliers de Lyonnais cherchent un toit appartement pour loger leurs familles et le marché est extrêmement tendu. « 

Intervention de Laurence Croizier

Monsieur le Président,

C’est incontestable, Lyon est, aujourd’hui, une destination touristique incontournable. Élue Meilleure Destination Européenne de Week-end lors des « Oscars du Tourisme » de 2016 (les World Travel Awards), l’hôtellerie bat son plein avec plus de 4 millions de nuitées l’année dernière. Mais ce chiffre ne prend pas en compte des nouvelles pratiques touristiques créées par les plateformes Web de réservation de logement de particuliers issus de l’uberisation du marché. Nous attirons votre attention depuis plusieurs années sur ce sujet. Il est donc temps de mettre en place un système de contrôle afin de maîtriser l’évolution quantitative de cette pratique. 

Bien plus rentable pour les propriétaires avec des bénéfices de 2 à 4 fois plus élevés qu’une location classique et une demande en forte hausse de la part des utilisateurs des plateformes, le nombre de meublés de tourisme s’envole ces dernières années. Et l’hyper centre de Lyon est particulièrement touché. Par exemple, la Mairie du 2e arrondissement reçoit au minimum 2 à 3 demandes de changement d’usage de logement en meublés touristiques par semaine, alors que l’offre actuelle compte déjà plus de 800 propositions de locations sur Airbnb. Les chiffres officiels dont vous disposez nous semblent d’ailleurs très en dessous de la vérité, justement par non déclaration des locations.

Les dérives peuvent rapidement arriver ! Plusieurs villes européennes et mondiales ont déjà subi des conséquences néfastes sur leur territoire. Prenons l’exemple du quartier Gótico à Barcelone. Ces dernières années, ce quartier a vécu de grandes transformations : 40% de la population résidentielle perdue et des commerces de proximité remplacés par du commerce touristique. Il nous faut éviter à tout prix cette dérive ! Nous avons déjà des quartiers comptant de plus de 5% de meublés de tourisme, soit autant de logements en moins pour les ménages. Et dans le même temps des milliers de Lyonnais cherchent un toit appartement pour loger leurs familles et le marché est extrêmement tendu. Cette activité induit aussi une forte hausse des loyers et des prix de vente des appartements. Enfin ces locations de meublés présentent une concurrence déloyale vis-à-vis de l’hôtellerie, déjà fortement impacté par une réglementation lourde. Ne parlons pas des difficultés de cohabitation au sein des immeubles, sur lesquelles les habitants attirent régulièrement notre attention.

Cette délibération, que nous avons demandée à plusieurs reprises, propose la mise en place d’un outil de veille et d’observation à l’échelle de la métropole et surtout la création d’un régime spécifique pour les autorisations de changement d’usage en meublés de tourisme à Lyon.

Les élus UDI sont évidemment très favorables à ces mesures qui permettront d’avoir une meilleure visibilité du nombre d’appartements concernés, mieux réguler leur utilisation et pénaliser ceux qui profiteront avec abus de cette activité.

Je vous remercie,

Laurence Croizier

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