Nous dénonçons une dérive technocratique de la conduite de certains projets dans notre métropole, en particulier par le SYTRAL.

La décision de couper l’accès du cours Lafayette depuis le pont Lafayette, démontre bien une dérive technocratique de la conduite de certains projets dans notre métropole, en particulier lorsqu’ils sont menés en « partenariat » avec le SYTRAL.

Marc Augoyard est intervenu pour dénoncer ces projets conduits en catimini, sans respecter les élus et donc les électeurs et plus généralement les habitants des territoires qu’ils représentent.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

J’ai cru comprendre que les délibérations concernant la commission permanente étaient l’occasion d’aborder les questions de gouvernance et de démocratie dans notre métropole.

Il m’est apparu important, ainsi qu’au groupe auquel j’appartiens, de vous alerter sur la dérive technocratique de la conduite de certains projets dans notre métropole, en particulier lorsqu’ils sont menés en « partenariat » avec le SYTRAL.

À quelques semaines des élections européennes, ont entend parfois que Bruxelles est tenu par les technocrates et les lobbys. En fait non, c’est le SYTRAL qui l’est.

Je prendrai un exemple : la décision de couper l’accès du cours Lafayette depuis le pont Lafayette. Je ne reviendrai pas sur le fond. Je n’insisterai que la forme.

Nous avons appris l’existence, la teneur et la portée du projet par la presse. Est-ce normal ?

Ni la métropole, ni le SYTRAL n’ont daigné nous informer, et je ne parle même pas de nous consulter en amont, alors que le cours Lafayette est une porte principale d’entrée du 6ème. En outre, et alors que le cours est un axe important, les commerçants, pas plus que les riverains, n’ont été informés au préalable, ni même c- concertés, contrairement à ce qui est annoncé comme un slogan  dans les éditoriaux des newsletters du SYTRAL.

Il n’est même pas certain que la présidente du SYTRAL ait prévenu l’adjointe chargée du commerce à la ville de Lyon !

Ce défaut de travail collectif fait que le SYTRAL ne voit le cours Lafayette qu’en BHNS. On ne le voit plus en axe commercial, on a plus de vision globale en matière d’urbanisme ou économique. Certains vont se réjouir parce que l’on aura divisé par deux la circulation automobile ici sans dire qu’elle a, en fait, seulement été déplacée à côté et diffusée dans les petites rues résidentes autour que l’on essayait pourtant d’apaiser par le déploiement de la zone 30 et des itinéraires cyclables.

Le projet a été conduit de manière cachée, en catimini, a-t-on appris par les services de la métropole et du SYTRAL, sans que ne soient associés les élus territorialement concernés.

Nous n’exigeons pas un droit de veto, nous respectons la répartition des compétences fixée par la loi. Nous demandons plutôt un droit à l’information et au respect. Notre connaissance du terrain aurait pu permettre de prendre une meilleure décision que celle que vous avez prise.

Nous avons été élus au suffrage universel direct. Nous n’avons été ni embauchés, ni élus au 2nd voire 3e degré. Ne pas respecter les élus, c’est ne pas respecter leurs électeurs et plus généralement les habitants des territoires qu’ils représentent.

Cet état de fait devrait inquiéter beaucoup de membres de ce conseil. Ce qui nous est arrivé dans le 6ème, arrivera inéluctablement aux communes qui ne seront plus représentées directement en tant que telles au sein de ce conseil. Chers collègues, l’intérêt de votre territoire et de ses habitants sera réglé au-dessus de vous, sans vous. Vous l’accepteriez ?

Nous l’avons vu ces dernières semaines, la ville, la société ne se construisent plus à quelques uns dans un bureau. Il faut rassembler et surtout convaincre.

À un an des premières élections métropolitains, et parce que les temps ont changé, et que le monde est paraît-il nouveau, il est nécessaire de changer l’état d’esprit de la conduite des projets que le SYTRAL mène et qui ont un impact fort pour notre métropole. Il en va de l’intérêt général.

Je vous remercie,

Marc Augoyard