Le réaménagement du Pôle d’Echange Multimodal (PEM) de Perrache avance. Pour rappel il a pour objectif « de faciliter la liaison entre le Nord et le Sud de la presqu’île de Lyon et offrir plus de confort aux usagers des gares ferroviaire et routière, du métro et du tramway, tout en incluant les piétons et cyclistes afin de crée un  environnement fluide et apaisé pour se déplacer. »

Or, c’est bien tout l’inverse qui commence à se produire, du Sud au Nord comme d’Ouest en Est, et Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement de Lyon est bien placé pour voir les conséquences concrètes de ce projet. Lors de son intervention au conseil de la Métropole du 17 septembre, il énumère et illustre les changements dont les habitants de l’arrondissement subissent depuis le début des travaux. 

Intervention de Denis Broliquier

Monsieur le Président, chers collègues,

A l’occasion de ce dossier sur les travaux du Centre d’Echanges de Perrache dans le cadre du projet Ouvrons Perrache, je souhaite une nouvelle fois attirer votre attention sur les difficultés de déplacement actuelles et futures sur ce secteur. 

Perrache est en effet un axe de circulation stratégique pas seulement à l’échelle du 2e arrondissement, ni même de la ville, mais bien à l’échelle de la Métropole. Le déclassement ainsi que les projets de réaménagement qui se profilent en attestent. 

Ces travaux justement, comme ceux d’ailleurs du Pôle d’Echanges Multimodal, dont le titre d’Ouvrons Perrache est évocateur, ces travaux donc ont pour objectifs d’améliorer et d’apaiser les circulations. Or, c’est bien tout l’inverse qui commence à se produire, du Sud au Nord comme d’Ouest en Est.

Dans le sens Sud-Nord d’abord. Il apparait clairement que la fermeture de la voûte Ouest de Perrache, sans aménagements de substitution suffisants, pose de nombreux problèmes pour les véhicules particuliers comme pour les transports en commun. La navette S1, seul mode de transport en commun sans rupture de charge du nord au sud de la Presqu’île accuse parfois des retards de près d’une heure. Le cours Suchet et le quai Rambaud n’ont pas été dimensionnés pour accueillir de tels flux de véhicules. Ils le sont encore moins depuis la suppression d’une voie au profit de la création d’une piste cyclable que, d’ailleurs, les cyclistes n’empruntent que très peu… 

C’est tout aussi compliqué pour les vélos et pour les piétons qui n’ont guère d’autre choix que de traverser l’insalubre et dangereuse voûte Est du tram. Mais là, le problème n’est que provisoire puisque la voûte Ouest aménagée leur sera réservée. Ce qui n’est pas le cas pour les voitures ! 

Que va-t-il se passer en 2020, quand à ses difficultés de circulation s’ajouteront les conséquences des aménagements du boulevard urbain ? Car d’Ouest en Est aussi cela va coincer.  Sans compter l’impact des travaux d’ici-là. Comme écrit dans le dossier de concertation, cette requalification prévoie notamment la « réduction des voies de circulation à trafic constant ». Une réduction de voie donc, mais sans aucun itinéraire de délestage. L’Anneau des sciences et le contournement EST sont sans cesse reportés s’ils sont réalisés un jour ! 

En ces circonstances, comment tendre vers une circulation apaisée et moins polluante d’ici 2030 ? Si nous encourageons vivement les changements de comportement dans les mobilités, il est utopique de croire que ces derniers suffiront à diminuer le flot des 115 000 véhicules qui empruntent chaque jour le tunnel de Fourvière. Les lignes annoncées n’y suffiront pas. Et le sous-dimensionnement des parkings relais annoncés non plus. 430 places – 150 au nord et 280 places au sud, c’est insuffisant, vous l’avez d’ailleurs vous-même reconnu en réunion de concertation, Monsieur le Président. Pour encourager massivement ce changement de comportement, il faut y mettre les moyens. Et le projet n’est pas malheureusement pas à la hauteur des ambitions affichées. Des ambitions de mutualisation des modes de déplacement et de limitation de l’usage de la voiture que nous partageons, je le redis. 

J’ai la semaine dernière interpellé le Président de la SPL Gérard Collomb, et oui c’est bien lui qui resté Président malgré ses fonctions ministérielles… Encore un témoignage, sans doute, de la modernisation et de la moralisation de la vie politique à la mode En Marche … J’ai donc interpellé le Président de la SPL pour mandater au plus vite l’étude sur les déplacements et le stationnement à Perrache Confluence. Cette étude est annoncée courant 2019 comme M Le Faou l’a annoncé dans la presse. Mais il y a urgence. Par ailleurs, cette étude ne peut évidemment se concevoir sans anticiper l’impact des aménagements sur l’A6/A7.  Lors de la concertation, les élus du 2e arrondissement ont d’ailleurs demandé que des études d’impact sur la qualité de l’air et le niveau sonore soient programmées en 2020 pour mesurer les effets réels des aménagements sur l’environnement direct des riverains. Car là aussi, la marge de progression est immense…

Ouvrir Perrache est un bel objectif mais encore faut-il ne pas se laisser prendre au piège des belles intentions. Sans métro et vue la typologie des lieux, le concept de quartier « marchable » voulu par l’ancien président de la Métropole à Confluence est mort-né.  Dès lors, la mission, si vous l’acceptez, est de trouver les meilleurs équilibres pour ne pas enfermer la Confluence et ne pas congestionner davantage notre cœur de métropole. Je gage que ce message, parce qu’il est de bon sens et réaliste, ne s’autodétruira pas dans les 5 secondes… C’est maintenant qu’il faut agir avant que la mission ne devienne réellement impossible. 

Je vous remercie,

Denis Broliquier

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