Piétonisation de la Presqu’île : végétalisation ou de piétonisation ? Rien n’est vraiment clair.

Début 6 juin, Gérard Collomb a annoncé la « végétalisation du cœur de ville » avec la création d’îlots de fraicheur sur les rues Edouard Herriot et de Brest grâce au remplacement des places de parking par des bacs végétaux.

« Végétaliser le cœur de ville et ainsi créer des îlots de fraicheur et des espaces de convivialité » pour créer « une trame verte » entre la place des Terreaux et la place Bellecour ».

Puis le 12 juillet, autours de David Kimelfeld d’annoncer la piétonisation de l’hypercentre de Lyon avec l’instauration de Zones à trafic limité (ZTL) et des aires piétonnes, interdites aux véhicules sauf livraisons, transports en commun et d’urgence, et dans lesquelles le stationnement est interdit. Une phase d’expérimentation débutera dès septembre.

Deux annonces à quelques jours d’intervalles. Deux annonces sur un même territoire sans réflexion commune entre la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon.

« Je le redis, nous sommes favorables à des expérimentations, mais vos projets sont trop flous. Pour quels objectifs, comment, quand, où, sans oublier combien ?! Les chiffres annoncés par le maire de Lyon sont déraisonnables. Quant à la piétonisation, nulle part il n’est question de budget. » Denis Broliquier

Intervention de Denis Broliquier

Monsieur le Président, Monsieur le Maire de Lyon,

Exceptionnellement, je vais m’adresser conjointement à vous Monsieur le Président, ainsi qu’à vous, Monsieur le Maire de Maire de Lyon

Vous venez respectivement d’annoncer deux concertations : 

  • l’une émanant de la Ville sur un projet d’installation de bacs à fleurs principalement sur les rues E Herriot, Brest et Mercière, notamment sur les couloirs de bus
  • de son côté, la Métropole s’intéresse, elle, à l’expérimentation de piétonisation,  un samedi par mois de la presqu’île de l’Hôtel de ville à Bellecour

Il est d’abord stupéfiant de voir à quel point la municipalité et la Métropole travaillent dans l’isolement l’une de l’autre, sans vision conjointe de notre ville ! Alors que piétonisation et végétalisation sont naturellement et étroitement liées, il n’y a pas l’ombre d’un début d’une réflexion commune entre la Ville et la Métropole. 

On parle de poser des bacs à fleurs sur les couloirs de bus avant même de réfléchir à la piétonisation donc aux circulations ! Comment la Ville peut-elle annoncer des mesures hors de son champ de compétence, sans en référer, sans même en parler, à la Métropole ? 

Je le dis depuis 18 mois, la qualité de vie en presqu’île s’est considérablement dégradée : pollution de l’air, pollution sonore, sécurité… Les habitants, les commerçants et même les visiteurs subissent ces dégradations croissantes. Alors Oui, il faut trouver de vraies solutions pérennes pour redonner envie de la presqu’île ! 

Oui, il faut faire de la presqu’ile ce territoire d’exception où l’on vit mieux, où l’on respire mieux, où on revient consommer avec plaisir ! 

Mais là, nous n’en prenons pas le chemin. La presqu’île est devenue l’otage de la guerre politique qui oppose Ville de Lyon et la Métropole. Nous savons tous que la période électorale engagée exacerbe les passions. Pour autant, il n’est pas pensable que notre territoire fasse les frais du match politique entre les uns et des autres. Ce n’est pas digne des Lyonnais et ce sera, au final, à leur détriment. 

Ne vous méprenez pas. Nous nous réjouissons de l’intérêt que vous manifestez soudainement l’un et l’autre pour le bien-être de Lyonnais, des commerçants, des habitants et des visiteurs. Comme je me réjouis d’ailleurs que notre cœur de Métropole puisse être terre d’expérimentation pour tenter d’innover et trouver des solutions aux problèmes auquel il est confronté et que je viens d’évoquer.

La végétalisation et la piétonisation sont deux sujets majeurs, évoqués de longue date, qui doivent être pensés dans une vision globale du fonctionnement de la presqu’île et dans la concertation. Modes de circulation, stationnement, place du piéton, place du végétal, ne sont pas des sujets dissociables les uns des autres, particulièrement avec la montée en puissance des vélos et l’apparition des trottinettes.

Monsieur le Président et Monsieur le Maire, je vous demande donc d’organiser dans les meilleurs délais une réunion de travail impliquant les acteurs concernés. Il s’agit de mettre autour d’une même table la Métropole, la Ville et les élus des arrondissements concernés pour étudier une vision commune et durable de la presqu’île. Une réunion que je serai heureux d’accueillir en mairie du 2e arrondissement si besoin… 

Vous parlez l’un et l’autre de concertation et je m’en réjouis. Mais pour qu’il y ait concertation, il faut un projet clair. Or là, qu’il s’agisse de végétalisation ou de piétonisation, rien n’est vraiment clair. Et beaucoup de questions restent en suspens.

Je le redis, nous sommes favorables à des expérimentations, mais vos projets sont trop flous. Pour quels objectifs, comment, quand, où, sans oublier combien ?! Les chiffres annoncés par le maire de Lyon sont déraisonnables. Quant à la piétonisation, nulle part il n’est question de budget. 

Quels outils d’évaluation aussi sont-ils envisagés ? 

Aujourd’hui, clairement, la balle est dans votre camp ! La presqu’île a besoin d’une vision qui définit ce territoire d’exception que j’appelle de mes vœux depuis des années. Nous avons là une occasion de le faire si tout le monde travaille, enfin, ensemble. 

Je vous remercie, 

Denis Broliquier


Conseil de la Métropole du 24 juin 2019

Dossier n°2019-3543 : déplacements et voirie – Travaux d’entretien et de petits investissements de voirie sur le territoire de la Métropole de Lyon