Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé un appel à projet « Ville respirable en 5 ans » afin d’encourager les élus locaux à s’engager pour la qualité de l’air. L’objectif est de faire émerger des « villes laboratoires » volontaires pour mettre en œuvre des actions concrètes, radicales et exemplaires afin d’obtenir des villes respirables d’ici 5 ans.

Aujourd’hui, la Métropole de Lyon présente les 3 actions dont elle s’engage à mettre en place sur le territoire. Cependant, cette délibération « Ville respirable en 5 ans » arrive après 10 jours de pic de pollution. Christophe Geourjon réagit à la mauvaise gestion de cette gestion de cette crise environnementale et sanitaire et sur tous les événements qui entourent cette période.

Monsieur le Président,

Quelle ironie, notre conseil va adopter aujourd’hui le plan d’action « Ville respirable en 5 ans » alors que nous venons de subir 10 jours de pics de pollution, et que malheureusement cet épisode de pollution n’est pas fini ! Hier encore, l’agence de surveillance Air Rhône-Alpes annonçait que la situation de notre Métropole ne devrait pas s’améliorer avant au moins le milieu de semaine, avec même une possible hausse de l’épisode de pollution dès mardi avec le retour de l’anticyclone.

Plusieurs groupes dans cette assemblée vous demandent depuis quelques années d’améliorer concrètement la qualité de l’air que nous respirons quotidiennement, alors nous nous réjouissons qu’enfin les choses bougent !

Par cette délibération, la Métropole souhaite mettre en place, dans le cadre d’un appel d’offre de l’État, essentiellement 3 actions :

  • la mise en œuvre progressive d’une zone de circulation restreinte et l’accompagnement au renouvellement des véhicules utilitaires les plus polluants
  • l’accompagnement des particuliers à la pratique des modes de mobilité actifs avec l’aide à l’achat de vélos électriques
  • Le développement d’outils numériques innovants au service de la qualité de l’air.

C’est bien et nous approuvons ces actions, de même, nous approuvons le versement d’une prime aux ménages qui achèteront un chauffage au bois performant. Mais la crise de santé publique que nous subissons actuellement démontre clairement qu’il faut aller plus loin pour prévenir la pollution de l’air.

Les élus UDI approuvent la décision de Monsieur le Préfet, de mettre en œuvre la circulation alternée. En effet, les transports sont à l’origine de 26 % de cet épisode de pollution de l’air. Grâce à la circulation alternée, c’est 20% de pollution en moins et jusqu’à 6% de baisse des taux de particules.

Face à ce pic de pollution, la Métropole a proposé : 1 heure de gratuité des services BleuLy et Velo’V, l’abaissement des limitations de vitesse et la recommandation d’utiliser les modes doux ou les transports en commun. C’est bien mais ce n’est pas suffisant !

Premièrement, la grève des TCL. Certes, le droit de grève est un acquis, mais on ne peut que regretter que cette grève, qui a commencé pratiquement en même temps que l’épisode de pollution, n’ait pas été reportée pour des raisons sanitaires ! On ne peut que regretter que les efforts réalisés par KEOLIS et les syndicats pour éviter la grève lors de la coupe d’Europe n’aient pas été mis en œuvre pour la santé des Lyonnais !

Deuxièmement, durant la totalité du pic de pollution la Métropole n’a pas ouvert de parcs relais temporaires, pas donné d’informations sur les axes autoroutiers signalant ces parkings gratuits et indiquant le temps nécessaire depuis ces parkings pour accéder à Lyon en transport en commun. De même, le parc relais Meyzieu Les Panettes, desservi par le tramway T3, d’une capacité de 4000 places pour les jours de match est resté plafonné aux 590 places du parc-relais. Plus grave encore, les outils numériques de mobilité du GrandLyon (onlymoov, optymod) sont restés silencieux. Aucune solutions alternatives personnalisées n’ont été proposées. On se demande à quoi sert l’argent que notre collectivité a investi dans ces outils ? Uniquement pour la com’ ? Il y a là un dysfonctionnement manifeste !

Nous regrettons que les autorités organisatrices des transports (Métropole et Région) n’aient pas mise en œuvre la gratuité, y compris le jour de circulation alternée, alors même que la loi sur l’air, de décembre 1996, impose la gratuité des transports en cas d’instauration de restriction ou de suspension de la circulation de certains véhicules.

Enfin, quand la Métropole subit un incident au niveau du site industriel de Feyzin qui a abouti à ce que la torchère nord du site soit en fonctionnement nuit et jour depuis jeudi ; alors même qu’en cas de pic de pollution, les industriels sont appelés à réduire leurs émissions.

Oui, Monsieur le Président, les élus UDI estiment que votre gestion de cette crise environnementale et sanitaire n’a pas été à la hauteur. Pour éviter de reproduire ces tâtonnements, les élus UDI vous demandent d’établir un plan d’action concerté avec l’ensemble des acteurs et notamment la Région en cas de nouveaux pics de pollution, des actions qui seraient mises en œuvre très tôt afin de pouvoir empêcher ou limiter de tels pics.

Pour nous, il convient de prévenir et non de guérir, aussi nous regrettons le manque d’ambition du PDU (plan de déplacements urbains) adopté ce vendredi par la SYTRAL. Ce PDU fixe le cadre des mobilités : voitures, marchandises, modes doux, transports en commun,… jusqu’en 2030. Les élus UDI considèrent que le PDU devrait être porté par la Métropole, le SYTRAL ayant simplement la responsabilité de mettre en œuvre la politique de transports en commun. Ceci permettrait une vision globale, intégrée et efficace des mobilités. Au delà, ce plan devrait être plus ambitieux et proposé :

  • La mise en place de certificats qualité de l’air permettant la mise en œuvre de restriction de circulation plus pertinents que la circulation alternée. Ils sont déjà effectifs à Grenoble et le seront le 16 janvier à Paris
  • La définition d’axes structurants de transports en commun (réseau express métropolitain, REM). Les droits à construire du PLU-H devant être privilégiés à proximité de ces axes structurants
  • La création de nouveaux parcs-relais aux portes d’entrée de la métropole, à proximité des lignes REM
  • Le développement d’une politique incitative forte en faveur du covoiturage (objectif : plus de 2 passagers par voiture à l’horizon 2020, contre 1,1 actuellement).
  • L’étude de la mise en place d’un péage urbain (étude technique, juridique, sociale et financière).
  • Le développement de l’usage des modes doux. Le vélo par la création de pistes cyclables, de parcs de stationnement sécurisés mais aussi le développement de la marche à pied (plan de déplacements piétons).
  • La création de gares routières aux portes de la métropole, sur des axes structurants de transports en communs, pour les bus “Macron” afin d’éviter la multiplication des cars diesel en centre-ville.
  • Le développement des espaces de coworking et l’accompagnement du télétravail.

Enfin, Monsieur le Président, pouvez-vous indiquer au conseil où nous en sommes vis à vis du déclassement de l’autoroute A6/A7 entre Limonest/Ecully et Pierre-Bénite? Monsieur le Ministre des transports devait signer le décret avant la fin de l’année … cela devient urgent !

Je vous remercie

Christophe Geourjon

Source photo: Vue partielle de la ville de Lyon sous la pollution, le 8 décembre 2016. – PHILIPPE DESMAZES – AFP

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