Pour que le #pama ne se transforme pas en #pasmoi !

Le plan d’actions pour les mobilités actives (PAMA) veut offrir aux piétons et aux cyclistes une meilleure cohabitation avec les automobilistes.

Le déplacement en vélo se généralise et se banalise (+10% en 2018), il faut donc que notre collectivité accompagne ce changement de comportement. Les objectifs proposés aujourd’hui dans le PAMA sont intéressants, mais ils semblent sous-estimés au regard de l’usage grandissant du vélo. En outre, si nous jouons sur les deux facteurs : sécurité des déplacements et sécurité des vélos, la pratique augmentera. 

Intervention de Marylène Millet

Monsieur le Président, chers collègues,

Elle s’appelait Tess Rothstein, elle avait 31 ans, elle est morte il y a une semaine à San Francisco. Elle circulait sur la piste cyclable lorsqu’une automobiliste a ouvert sa portière la contraignant à se décaler sur la zone de trafic automobile, là un camion l’a heurtée et tuée…

Triste fait divers me direz-vous… mais surtout une illustration bien connue des cyclistes qui doivent subir les conflits d’usage et de la propension des automobiles à continuer à ignorer les nouveaux modes de déplacement et le partage de l’espace. 

Heureusement sur notre Métropole, le nombre d’accidents de cyclistes baisse pour la deuxième année consécutive, alors que la pratique du vélo a augmenté de 10 % en 2018, soit 25 millions de passages de vélo recensés sur l’ensemble du territoire. L’axe le plus populaire reste le cours Gambetta avec plus d’1,4 million de passages en 2018, mais le cours Gambetta est aussi celui où les cyclistes subissent quotidiennement le stationnement de véhicules sur les aménagements qui leur sont dédiés. Preuve qu’il reste encore du travail.

Le déplacement à vélo n’apparaît plus désormais comme réservé à quelques militants, il se généralise et se banalise. Toutefois les deux obstacles principaux à la pratique du vélo restent : la sécurité des déplacements (j’y ai fait allusion en préambule de mon intervention) et la sécurité en ce qui concerne les vols. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales dans son enquête annuelle « Cadre de vie et sécurité 2017 » aborde la question du vol de vélos. Ces chiffres récents confirment la tendance observée depuis une quinzaine d’années : les vols de vélos se situent à un niveau élevé en France, autour de 400 000 ! 

D’où la nécessité de mettre en place des stationnements sécurisés permettant de garer sereinement son vélo. C’est ainsi que, par exemple,  Bourg-en-Bresse a développé une consigne à vélo sécurisée…

Il existe aussi un grand besoin d’arceaux. Actuellement en nombre insuffisant, ils sont de surcroît souvent squattés par les vélos de location voire les scooters… Or, le besoin de places pour les infrastructures cyclistes impose de sacrifier des places de parking pour les voitures, un risque que certains politiques ont du mal à prendre… le PAMA se transformant souvent en PASMOI ! 

Le besoin d’arceaux est aussi indispensable dans les gares de la Métropole. Rappelons qu’elles sont au nombre de 35 et qu’elles sont un maillon essentiel du déplacement multimodal… à condition bien sûr que des pistes cyclables les desservent et que les coordinations entre les différents modes de transport soient pensées en amont, comme l’a rappelé le groupe UDI dans son souhait de voir se développer sur notre territoire un REM, un réseau RER à la lyonnaise.

Pour conclure, les objectifs proposés aujourd’hui dans le PAMA sont intéressants, mais ils semblent sous-estimés au regard de l’usage grandissant du vélo. En outre, si nous jouons sur les deux facteurs : sécurité des déplacements et sécurité des vélos, la pratique augmentera. 

Au vu de ce qui se passe dans les pays du Nord, le potentiel est énorme, inversons donc la réflexion : surdimensionnons nos prévisions d’arceaux et de voies cyclables ! Les usagers cyclistes, à trottinette, overboard et autres modes de mobilités actives nous diront merci ! Les poumons des Grands Lyonnais aussi.

Je vous remercie,

Marylène Millet