Réaménagement de la place St Nizier : un projet sans concertation, contre la volonté des Lyonnais

Depuis 2015, les travaux de construction du nouveau parking Saint-Antoine modifie le paysage des habitants du quartier. Ces travaux prévus jusqu’à 2021 ont également pour objectif de réaménager complètement les abords de l’église St-Nizier et les quais de Saône : Les « Terrasses de la Presqu’île » 

Les habitants, le CIL Centre Presqu’île et les maires d’arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert (1er) et Denis Broliquier (2e), montrent des réticent au projet présenté par la Métropole « notamment sur l’organisation de la sortie du parking ou encore la fameuse et chère maison du projet, rien n’a jamais pu être discuté et encore moins amendé. » 

Le projet proposé ressortit d’une vraie démarche de valorisation du patrimoine lyonnais. Il s’est appuyé sur l’avis d’experts, notamment des architectes des Monuments Historiques. En atteste le soutien qu’il a reçu de la plupart des associations de défense du patrimoine de la Métropole. Même de Renaissance du vieux Lyon, institution lyonnaise s’il en est à l’origine du classement de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO dont nous venons de fêter le 20e anniversaire. Sans compter les quelques 4 850 signataires de la pétition qui a su convaincre de son bien- fondé bien au-delà de nos arrondissements. Et oui, le baromètre du rejet de ce projet grimpe de jour en jour…

Intervention de Denis Broliquier

Monsieur Le président, chers Collègues,

J’interviens aujourd’hui au titre des élus UDI et apparentés de notre groupe métropolitain, de Maire du 2e arrondissement, mais également au nom des élus du 1er et 2e arrondissement dont Madame Nathalie PERRIN-GILBERT, Maire du 1er arrondissement.

Vous vous demandez sans doute quel sujet réclame cette parole commune exceptionnelle. Et je vous répondrai tout simplement au nom de la défense du patrimoine des Lyonnais.

En effet, le dossier qui nous intéresse est bien de cet ordre. Il s’agit du réaménagement de la place Saint Nizier dans le cadre du projet des Terrasses de la presqu’île lancé lors du précédent mandat et dont l’aboutissement ne se fera que dans le mandat prochain.

Vous n’étiez pas encore Président, Monsieur le Président, mais depuis l’origine de ce dossier, les choses ne vont pas telles qu’elles devraient aller. Tant dans le 1er que dans le 2e arrondissement, nous n’avons pourtant jamais remis en cause l’ambition de réaménager les Rives de Saône. En revanche, depuis le début, nous réclamons à la fois information et surtout une véritable concertation. 

Mais visiblement, nous n’avons pas la même vision de la concertation. Pour ce qui nous concerne : 

  • inviter les maires d’arrondissement à des réunions d’information avec les habitants sur les grands principes des Rives de Saône ne peut en aucun cas tenir lieu de concertation.
  • Démarrer le chantier sans en aviser les élus d’arrondissement non plus. 
  • Nous présenter des projets à quelques heures d’une conférence de presse encore moins…

Dans ces conditions, le dialogue avec le Président de l’époque Gérard Collomb, et plus encore avec son Vice-Président  à l’urbanisme, Michel LE FAOU, est vite devenu impossible. 

Sur les grandes lignes du projet des Terrasses de la Presqu’île, malgré les réticences que nous avons été nombreux à exprimer notamment sur l’organisation de la sortie du parking ou encore la fameuse et chère maison du projet, rien n’a jamais pu être discuté et encore moins amendé. 

Quant aux riverains et associations, eux aussi se souviennent de réunions d’information mais en aucun cas de concertation. 

Qu’à cela ne tienne, pour la place Saint Nizier, si la Métropole n’est pas allée aux associations, le CIL Centre Presqu’île est allé à la Métropole. Reprenant la volonté exprimée depuis plus de 20 ans par les Amis de l’église Saint Nizier d’aménager un parvis digne de la qualité architecturale de l’édifice, ils lui ont proposé une étude circonstanciée d’un aménagement adapté à ce site patrimonial.

Monsieur LE FAOU a tout simplement refusé le projet par ces associations sans la moindre argumentation. S’il a bien reçu les représentants du CIL Centre Presqu’île et des Amis de Saint-Nizier, aucune discussion de fond n’a été possible. Monsieur Le Faou s’est cantonné à des accusations de manipulations politiques à la fois totalement fausses et offensantes pour ses interlocuteurs.

Alors pourquoi aujourd’hui, malgré la fin de non-recevoir de Monsieur Le Faou, continuons-nous à soutenir cette proposition ? Tout simplement parce qu’elle va dans le sens des enjeux du projet des Terrasses de la presqu’île, notamment la mise en valeur du patrimoine, la réorganisation des espaces au profit des modes doux et le confort des piétons, sans en remettre en cause les grands principes. Les évolutions demandées sont somme toute modestes et ne remettent pas, à notre sens, en question le programme. 

Le projet proposé ressortit d’une vraie démarche de valorisation du patrimoine lyonnais. Il s’est appuyé sur l’avis d’experts, notamment des architectes des Monuments Historiques. En atteste le soutien qu’il a reçu de la plupart des associations de défense du patrimoine de la Métropole. Même de Renaissance du vieux Lyon, institution lyonnaise s’il en est à l’origine du classement de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO dont nous venons de fêter le 20e anniversaire. Sans compter les quelques 4 850 signataires de la pétition qui a su convaincre de son bien- fondé bien au-delà de nos arrondissements. Et oui, le baromètre du rejet de ce projet grimpe de jour en jour…

Tant d’avis convergents auraient dû susciter l’intérêt autour de cette proposition. Mais face au blocage et à l’incapacité de dialogue, nous sommes dans l’obligation de vous interpeller directement Monsieur le Président. Le changement de gouvernance nous laisse espérer un autre regard sur ce projet. Nous sollicitons donc un arbitrage de votre part, au nom de l’intérêt général et de la valorisation de cet édifice majeur de notre patrimoine. 

Nous vous remercions.

Denis Broliquier


Dossier 2018-3243 : Lyon 1er – Opération de construction du parc de stationnement – Rue des Tables Claudiennes – Bilan de clôture du mandat de travaux – Quitus donné à la société Lyon Parc Auto (LPA)

Conseil du 10 décembre 2018

Intervention de Denis Broliquier