Musee_des_tissus_8962Depuis quelques mois, le Musée des Tissus et le Musée des Arts Décoratifs font face à des difficultés financières sans précédent. 
La Chambre de Commerce et de l’Industrie à Lyon, propriétaire des murs et qui contribue largement au budget des deux musées, est soumise depuis un an à un budget de rigueur qui ne lui permet plus de les financer. 

C’est à ce sujet que Denis Broliquier a souhaité s’exprimé lors de la délibération sur l’attribution de la participation 2016 au Musée de la Confluence. 

Monsieur le président,

denis-broliquierSi nous nous réjouissons très sincèrement du très beau succès du Musée des Confluences, notre grande inquiétude porte aujourd’hui sur le Musée des Tissus et des Arts décoratifs.

Vous savez aujourd’hui la situation d’urgence dans laquelle se trouve cette institution de renommée internationale. La Chambre Métropolitaine de Commerce et d’Industrie,  malheureusement acculée à se défaire de ce musée, avait annoncé et a répété qu’elle ne pourrait supporter cette charge financière au-delà du 31 mars prochain.

Si les collections du musée des arts décoratifs peuvent sans doute trouver leur place dans nos musées lyonnais des Beaux-arts et Gadagne, il n’en est pas de même pour les tissus. L’importance, la qualité et le caractère unique de ces collections textiles en font un trésor national reconnu comme inaliénable et au rayonnement international. L’Etat et les collectivités portent donc, ensemble, la responsabilité de l’avenir du Musée des Tissus.

Le Président de la Région Auvergne Rhône-Alpes a annoncé vendredi dernier son soutien à un futur projet. Et dans son sillage, la Métropole et les professionnels du textile, à la condition que l’Etat, lui aussi s’engage.

Un groupe de travail réunira mi-février, tous les acteurs potentiels de ce dossier autour de Préfet. C’est une initiative indispensable pour imaginer un projet innovant, dans sa vocation culturelle mais surtout dans son modèle économique voire administratif. A l’air de l’économie collaborative, les solutions ne devraient pas manquer.

Si nous nous réjouissons de ces annonces, nous savons tous ici qu’elles sont loin de suffire. Il manque à ce jour la pièce maitresse de l’édifice : un opérateur.

Votre adjoint à la culture à la Ville de Lyon semble avoir écarté définitivement l’hypothèse du Louvre. Est-ce que vous nous le confirmez aujourd’hui ? Le ministère de la culture étudie-t-il d’autres possibilités ? Il semble que le dossier ait également été transmis à Monsieur Macron, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du numérique. C’est en effet une piste à creuser. Il faut sortir d’une vision purement muséographique car l’intérêt patrimonial du Musée des Tissus réside aussi dans sa dimension industrielle. A ce titre, il existe nécessairement des synergies possibles pour que nos collections vivent et se développent également au service de l’industrie du textile, notamment en s’appuyant sur une autre de nos compétences locales, le numérique. Une dimension qu’il faut intégrer au groupe de travail dès la prochaine rencontre.

Cependant, s’il s’avérait que l’Etat refuse d’être opérateur, vous n’auriez plus d’autre choix, Monsieur le Président, que d’engager la Métropole dans cette mission. Il n’est pas envisageable d’abandonner notre patrimoine et une partie de notre histoire, d’autant plus quand ceux-ci font référence à l’échelle internationale.

Nous espérons que le groupe de travail mis en place fera émerger des solutions de portage, de gouvernance et de développement innovantes.

L’avenir de notre musée se compte désormais en semaines. Et son sort est entre les mains de l’Etat et de la Métropole qui doivent s’engager avec le soutien de la région et des professionnels. Tout doit être tenté pour construire un nouvel avenir au Musée des tissus.

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