C.GeourjonIntervention publique de Christophe Geourjon – Conseil Communautaire du 03 Novembre 2014.

Monsieur le Président.

Enfin, Monsieur le Président enfin un débat politique sur la Métropole. Si nous avons ce débat c’est surtout grâce à la mobilisation de plusieurs groupes d’élus de ce conseil. Ce débat nous vous l’avons arraché et j’espère que vous nous présenterez concrètement, au delà des questions électorales, votre vision pour la Métropole, vos orientations en terme de gouvernance, en terme de mutualisation, en terme d’aménagement de notre territoire, en terme de proximité.

Le compte à rebours métropolitain est bientôt achevé et nous naviguons toujours à vue.

Sauf sur un point : le redécoupage de la Métropole en 14 circonscriptions et cela sans attendre l’organisation territoriale de la Métropole au 1er janvier 2015. Pour cela Monsieur le Préfet a conduit mi-octobre une pseudo-concertation express de 5 jours avec les groupes politiques du Grand Lyon. Où était l’urgence de cette question éminemment politique puisque la prochaine échéance électorale n’aura lieu qu’en 2020? Nous saluons l’élection des élus métropolitains au suffrage universel direct, il s’agit la d’un progrès démocratique. Cependant, les élus UDI estiment qu’une seule circonscription avec des sous-sections territoriales permet mieux une juste représentation des territoires et des sensibilités à l’image de ce qui est fait au niveau des élections régionales.  Dans ce contexte nous refusons l’usage de l’ordonnance pour préférer le débat public à l’assemblée nationale.

A l’inverse, à deux mois de la mise en place de la Métropole de Lyon nous ne connaissons toujours pas le cap suivi par votre majorité : je vous le redemande Monsieur le Président « Quels objectifs avez-vous pour la Métropole ? »

Le temps passant devrait vous obliger à sortir du marketing et de la com. Votre slogan la Métropole sera la collectivité de l’humain et de l’urbain est un peu court. De plus il occulte le travail quotidien des Maires qui composent cette assemblée et qui concilient déjà au quotidien l’humain et l’urbain.

Construire la Métropole pour les élus UDI, ce n’est pas augmenter le budget d’un milliard d’euros, ce n’est pas passer de 4000 à 8000 agents. Ce n’est pas la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf !

Construire la Métropole c’est avoir un projet politique au sens noble du terme pour notre territoire.

Pour nous la Métropole est l’occasion de remettre à plat les compétences exercées par les différentes collectivités. Il est urgent de redéfinir les missions exercées par la Métropole et celles par les communes, particulièrement par la ville centre. Quid des grands équipements culturels, sportifs ou des grands parcs, quid de la proximité ? Ne pas aborder ces questions, c’est rater le rendez-vous de la Métropole.

 La Métropole doit être l’occasion de remettre à plat l’organisation centralisée du Grand Lyon pour rapprocher les services de nos concitoyens. Il y a urgence à déconcentrer les décisions et les actions. Le conseil général du Rhône a été à ce niveau novateur.

De même il faut ouvrir des discussions avec la région. Construire la Métropole sans intégrer l’économie c’est faire les choses à moitié. A l’inverse, nous soutenons l’idée de confier à une même collectivité la gestion des collèges et des lycées. Souvent collège et lycée partagent les mêmes locaux. C’est une source d’efficacité et d’économie importante. De même les cars départementaux ne devraient ils pas être transférés à la région comme le prévoit le gouvernement ? Cela permettrait une meilleure coordination de l’offre avec les TER et optimiserait le rabattement sur les gares. Ne pas ouvrir ces discussions avec la Région, c’est rater le rendez-vous de la Métropole.

La mutualisation entre communes et Métropole est pour nous un autre enjeu majeur car cela permettra des économies permettant de financer nos projets sans augmenter la fiscalité. Pourquoi conservons-nous pratiquement autant de système informatique que de communes dans le Grand Lyon ? Autant d’outils financiers que de commune ? Pourquoi ne parvenons nous pas à avoir les mêmes outils administratifs ? Même entre la ville de Lyon et le Grand Lyon ce n’est pas le cas ! La mutualisation des services supports ou fonctionnels est une réelle source d’économie. Ne pas aborder ces questions, c’est rater le rendez-vous de la Métropole.

 Comment concilier efficacité, égalité de traitement, proximité et équité dans l’aide sociale ? Comment repenser le rôle et l’existence des CCAS et des bientôt anciennes MDR (Maison du Rhône) ? Ne pas aborder ces questions, c’est rater le rendez-vous de la Métropole.

La mise en place de la Métropole doit être aussi l’occasion de moderniser la loi PLM sur laquelle se superpose la loi MAPAM. Des regroupements de communes sont probablement souhaitables, à l’inverse il convient également de réfléchir à l’avenir de l’échelon administratif « Ville de Lyon ». En effet pour les Lyonnais, l’échelon de proximité c’est la Mairie d’arrondissement qui doit avoir un rôle renforcé.  Ne pas aborder ces questions, c’est rater le rendez-vous de la Métropole.

 Vous l’avez compris, les élus UDI sont des fervents partisans de la Métropole de Lyon à condition que l’objectif soit de construire une Métropole plus efficace, plus économe, plus proche des citoyens, une Métropole plus démocratique

Je vous remercie.

Sans titreIntervention reprise par Le Progrès dans son édition du mardi 4 novembre, LyonCapitale dans son édition du lundi 3 novembre ainsi que par Le Pint dans son édition du 13 novembre.

RSS
Follow by Email
Facebook
Facebook
YouTube
YouTube